|
Edma Khabbaz, poétesse de l’espoir
Célébrer la vie, continuer coûte que coûte, malgré le bruit des armes et la violence ambiante, à aimer les jours qui se suivent, à croire en l’Homme. Persister à dire l’espoir avec des mots simples et touchants : c’est là tout le miracle de l’œuvre de la poétesse Edma Khabbaz, libanaise de Batroun, port phénicien, situé au nord du Pays du cèdre.
De Paris, où je lis ses textes, j’imagine Edma, contemplant le ciel étoilé, le soir, de la terrasse de sa maison, entre montagne et mer. Cette Méditerranée qu’elle aime tant et qui l’inspire. Dans ce Liban en proie, depuis 1975, à la guerre civile, à l’occupation de puissances étrangères, aux invasions féroces des pays voisins, Edma à la force d’écrire : « Aimer c’est conquérir ». Et quand elle pousse un cri de souffrance pour dénoncer les meurtriers qui détruisent son pays. Elle se reprend aussitôt « Mon Liban…Tu ressusciteras au beau milieu d’une nuit. »
En moi résonnent ces phrases d’espérance, qu’Edma cisèle de sa plume. Vers superbes qui m’ont souvent redonné le goût de croire à des lendemains de paix, alors que le Proche-Orient s’enfonçait dans une violence sans fin
« Liban le plus bel Eden sur terre Aux cèdres fiers et toujours verts Sol où toutes les religions prospèrent Où minarets et clochers s’enlacent dans l’air Exhalant ainsi une odeur de prière Inondant d’amour toutes les frontières. » …. Texte qui me dit que la mort n’aura jamais raison. Ni au Liban, ni ailleurs.
Fille de ce coin de terre unique au monde, Edma aime « l’étoile filante, dans le silence de la nuit ». Elle aime ses enfants et ses petits-enfants. Elle aime la cathédrale de sa ville, près de la Méditerranée «dont les colonnes géantes ont défié les orages » durant des siècles. Ses poèmes sont une source d’eau fraîche, ses mots une résistance à la barbarie. Une prière. Une victoire sur le néant.
Luc Balbont Journaliste –reporter au groupe Bayard-Presse à Paris Lauréat 2006 du prix international « Reporters d’espoirs »
Consulter la page des poèmes
|